La Ville de Sion moque un handicapé gréviste de la faim

Mise à jour du 10 janvier 2022 :

Le 21 décembre, le président de la Ville de Sion a reçu le gréviste et obtenu la cessation de sa grève de la faim en échange de la promesse d’une visite d’une heure aux archives, le 6 janvier 2022 ; visite qu’il attendait depuis deux ans.

Au jour dit, la Ville a soudainement décidé que l’étudiant ne pourrait que… regarder les cartons – les cartons fermés -, pendant 15 minutes, et devrait encore attendre, sine die, pour consulter leur contenu, le temps pour l’archiviste communale de les « pré-filtrer ». Lors de la procédure pour obtenir l’accès aux archives (archives non protégées, faut-il le préciser), dite Ville a emporté un refus sec et sonnant du Conseil d’Etat en jurant avoir passé toutes les archives au peigne fin et n’avoir rien trouvé en lien avec les recherches de l’étudiant (dont elle ignore tout au demeurant). Il est évident que cette entreprise de « pré-filtrage » n’a d’autre but que de s’assurer que cette version devienne, en fin de compte, la seule vérité possible. Bienvenue en Valais !

La grève de la faim reprend jusqu’à ce que la promesse de la Ville de Sion soit enfin tenue.

Article du 20 décembre 2021 :

Il est porteur d’un trouble du spectre autistique, la Ville le sait, il cherche à boucler ses études pour échapper à la spirale du chômage qui le poursuit, elle fait tout pour l’en empêcher. Depuis deux ans maintenant (ce site en parlait ), un chercheur en situation de handicap attend de pouvoir consulter les archives communales de la Ville de Sion. Des archives aucunement protégées, est-il besoin de le préciser.

Après plus d’une année d’attente, une décision ubuesque dont seul le Valais a le secret, vient de tomber. S’il veut avoir accès un jour, l’étudiant devrait recommencer une nouvelle procédure, c’est ce que dit la première décision juste avant de coller une note de frais exorbitante qui confine à l’amende. Ben voyons, dirait l’autre.

Ainsi, après deux ans, devant la menace imminente d’être exmatriculé par son université en raison de son retard à rendre les travaux attendus, le chercheur n’a d’autre choix que de jeter sa vie dans la balance. Car il y va de sa vie, il a 5 enfants, pas de boulot, il lui faut ce diplôme. Il entame une grève de la faim, écrit, téléphone. On lui dit qu’on lui répondra. Rien, évidemment.

Il se confectionne alors une pancarte, se rend sur place, demande à être reçu. Le président de la Ville de Sion, Philippe Varone, passe devant lui à plusieurs reprises sans desserrer les dents. Quelques minutes plus tard, il lui dépêche, sur le pas de la porte, son secrétaire, Philippe Ducrey, pour lui souhaiter, sourire en coin, plein succès dans sa grève de la faim.

Voilà comment l’on traite les chercheurs handicapés dans le « nouveau pôle de recherche » de la « capitale des Alpes » de M. Varone.

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