Grève de la faim contre la dépossession – Jour 5 [- 4 kg]: 4 policiers pour un gréviste

Notre glorieuse commune a fait donner la maréchaussée, épisode peu reluisant s’il en fut ; faut-il vraiment que l’on dérange…

A vaincre sans péril, à gouverner sans noblesse, l’on en arrive parfois à la violence d’Etat.

Reconnaissons au moins à M. Darbellay d’avoir eu la décence, lors du précédent exercice, de ne pas tomber si bas.

Je faisais mon petit piquet, vissé sur mon tabouret, ma vieille pancarte sur les jambes devant la magnifique porte baroque de l’Hôtel de Ville, qui représente Salomon en train de rendre la justice, en lisant le dernier Perronne ; il n’est jamais trop tard pour apprendre ce que l’on savait déjà. Ce matin-là, c’était marché dans la bourgade, le soleil luttait, comme toujours en Valais, avec succès, notre bien-aimé président, visiblement d’excellente humeur, me lança même un bonjour des plus cordial.

Quelques minutes plus tard : « Vos papiers ! » Un agent de la communale, flanqué de l’équivalent grisâtre des pervenches, s’agitait devant moi. J’ai fini par comprendre qu’il me reprochait de ne pas avoir acheté un permis de stand sur le marché. J’ai eu beau précisé que je n’étais pas vendeur et que la constitution garantissait à tout un chacun, surtout seul et silencieux comme je l’étais, le droit de se tenir où bon pouvait lui sembler, rien à faire.

N’étant pas d’humeur chamailleuse, pour une fois, et pas forcément mécontent de me mettre au chaud – la grève de la faim donne froid – , j’emportai mon maigre barda et décidai d’aller saluer, en ma modeste qualité de professeur d’histoire, le chrisme de Pontius Asclepiodotus, plus ancien symbole chrétien au nord des Alpes, qui trône à l’entrée de ce même Hôtel de Ville, par la grâce de la Bourgeoisie, au milieu d’autres stèles paléochrétiennes trouvées au pied de la colline de Valère ; ravissantes, inconnues et soigneusement cachées comme tout ce qui est précieux historiquement en Valais. Le Bristish museum montre au monde entier nos stèles anthropomorphes, merveilleuses, uniques sur cette terre, contemporaines des pyramides, nous autres les avons jetées aux oubliettes du pénitencier. Et ils appellent ça le service de la culture ; mais passons.

Nous somme donc bien dans un musée, un petit musée, certes, mais un musée quand même. Ma pancarte est au sol, tournée contre le mur, je ne proteste plus, j’admire. Le policier, visiblement vexé que sa superbe ne m’ait pas fait trembler outre mesure, me pourchasse alors en me traitant de « con », croyant m’apprendre quelque chose, et me sommant de disparaître sur le champ. Lui faisant remarquer que ce n’est tout de même pas très gentil, il a cette saillie cinglante : « se sera votre parole contre la mienne » ; tant de vertu confond.
Enfin, l’homme refusant toujours de produire ses carte, matricule et les articles de loi que je violerais, je me plonge à nouveau dans les mystères lointains de la forteresse des Sédunes. Mystère des procédures policières, il doit appeler une autre patrouille – dont la meilleure tenue et le niveau de langage explique sans doute la nécessaire présence – pour me vider encore de ce nouvel endroit. Ces messieurs ayant produit de quoi prouver leur qualité, je m’exécute, à nouveau, docile. Aujourd’hui, à Sion, l’on a chassé un historien d’un musée vide ; quand ils entendent le mot culture…

A préciser que ces derniers m’ont invité à déposer plainte pour ce qui s’apparente à une violation des droits fondamentaux, ce que j’ai trouvé une idée intéressante.

Adrien de Riedmatten

 

Lire le communiqué de grève.

Pour dire votre façon de penser à notre président, M. Philippe Varone (dans le respect le plus absolu, bien évidemment), c’est par ici : p.varone@sion.ch

 

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